Vers l’ouest

A - Vladivostok / B - Khabarovsk / C - Chita / D - Irkoutsk

A – Vladivostok / B – Khabarovsk / C – Chita / D – Irkoutsk

          Voilà à quoi ressemble le parcours du retour à Irkoutsk. À y réfléchir, c’est plutôt une chance d’avoir choisi Irkoutsk, sa position géographique facilite grandement les longs voyages, que ce soit vers Moscou ou vers Vladivostok, sans avoir à supporter six jours de train d’affilés. Mon record personnel n’est d’ailleurs que de 41 heures, entre la ville de Khabarovsk (au nord de Vladivostok, le B sur la carte) et Chita (le C). Petit joueur ? Peut-être. Je confesse même que l’arrêt à Chita était plus un prétexte : celui de retrouver une journée ce qui ne fait pas le quotidien d’une vie dans le train : une douche, un vrai repas et un lit qui depasse les 50cm de large. Qu’importe, l’arrêt à Chita s’est révélé plutôt intéressant, mais commençons par Khabarovsk.

          La ville de Khabarovsk est la capitale du kraï (ou région) du même nom, kraï d’ailleurs grand comme la France (700,000 km2), nous sommes en Russie, ne l’oubliez pas. D’une taille comparable à Irkoutsk, la ville compte quelques 600,000 habitants. La ville a d’ailleurs l’immense privilège de figurer sur le billet de banque de 5,000 roubles (lien externe pour la photo, je n’ai pas souvent ce billet en poche, mes excuses) avec comme symbole le pont sur le fleuve Amour, et le monument au comte Amourski – ou comte « du fleuve Amour« , titre qu’il reçu après le traité d’Aigun qui fixait le fleuve comme frontière entre la Russie et l’actuelle Chine – c’est toujours le cas aujourd’hui.

           Amour – on entend déjà les poètes et les romantiques y chanter leurs sérénades, ou presque. Que nenni, Амур n’a rien à voir avec le terme français, mais signifie « boueux » en langue bouriate, en chinois, c’est le fleuve noir ou fleuve du dragon noir. Un nom qui retrouve une certaine actualité du fait des problèmes de pollution due en partie aux eaux industrielles déversées en amont par la Chine. Au niveau de la ville de Khabarovsk, la pollution des eaux du fleuve reste supérieure à la normale.

          Passons sur ce triste constat, que l’on pourrait probablement étendre à d’autres régions de Sibérie et de Russie, y compris au lac Baïkal, tant la prise de conscience environnemental n’a semble t’il pas encore eu lieu. Dans la gallerie photo, vous retrouverez les deux églises orthodoxes de Khabarovsk, le fleuve Amour, la place Lénine et l’immense monument aux Héros de la Grande Guerre patriotique.

         À peine 42 heures de train, nous sommes déjà à Chita. La ville (prononcer Tchita) est elle aussi la capitale de son kraï (ici, Transbaïkalie) et compte quelque 300,000 habitants. Peu d’information, peu de photos aussi sur la ville, nous n’y sommes resté qu’une nuit, le temps d’une promenade en centre ville, de l’inauguration du pub local : Harat’s, assez populaire en Russie – où la bière est hors de prix, tout comme Irlande quoi – le datsan (ou temple bouddhiste) local et le parc de la victoire.

          À quelques jours de la Fête de la Victoire (день победы), des jeunes pioniers ou simples bénévoles s’affairent à rendre présentable un parc dégarni, sans allées ni fleurs ni fontaine, portant pourtant le nom pompeux de Parc de la Victoire. Les vieux manèges ne tournent plus depuis un bon bout de temps déjà et les herbes poussent entre les quelques avions et fusées qui un jour sans doute devaient ravir les enfants. La peinture déjà ternie s’écaille, on distingue parfois à peine de vieux rails envahis par les mauvaises herbes.  Un vieux tank, quelques canons et même un avion semblent monter la guarde devant un long mur de marbre sur lequel les noms des Héros deviennent quasiment illisibles. Qu’importe, la Fête de la Victoire est une des plus importantes fêtes de l’année en Russie (mais aussi en Ukraine, en Biélorussie), en cours à la faculté d’Histoire d’Irkoutsk, un vétéran de la Grande Guerre patriotique (comprendre : la Seconde Guerre mondiale) parlait d’ « un second jour d’anniversaire« , quelques coups de peinture, de balai, et l’enthousiasme russe redonnera vie à ce lieu boudé de tous ou presque.

Bientôt, un article sur Irkoutsk et les Fêtes de mai.